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TSLA — Définition et présentation | Ressource IEN
15–20% d'élèves concernés par des difficultés d'apprentissage
6–8% présentent un TSLA avéré (OMS, 2023)
2–3 × plus fréquents chez les garçons (dyslexie)
2022 CIM-11 — en vigueur depuis le 1er janvier 2022

Qu'est-ce qu'un TSLA ?

Les Troubles Spécifiques du Langage et des Apprentissages (TSLA) désignent un ensemble de troubles neurodéveloppementaux persistants qui affectent l'acquisition et l'utilisation du langage oral, du langage écrit, du calcul ou des fonctions motrices, en l'absence de déficience intellectuelle, de déficit sensoriel non corrigé, de trouble envahissant du développement ou de conditions de scolarisation défavorables.

Repère réglementaire. En France, les TSLA sont reconnus par la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, et précisés dans la circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015 relative à l'organisation des accompagnements des élèves présentant des troubles des apprentissages. Ils donnent accès à des dispositifs d'accompagnement : PAP, PPS, PPRE.

Les grandes familles de TSLA

Langage oral

Dysphasie — trouble structurel du développement du langage oral, affectant la compréhension et/ou la production.

Langage écrit

Dyslexie / dysorthographie — trouble de l'acquisition et de l'automatisation de la lecture et de l'orthographe.

Calcul & raisonnement

Dyscalculie — trouble spécifique du traitement des nombres et du calcul, sans atteinte du raisonnement logique général.

Motricité & graphisme

Dyspraxie (TAC) — trouble de l'acquisition et de l'automatisation des habiletés motrices, notamment gestuelles et graphiques.

Attention & fonctions exécutives

TDAH (Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité) — fréquemment associé aux autres TSLA (comorbidité élevée). Classé dans les troubles neurodéveloppementaux selon le DSM-5 et la CIM-11.

Cadre nosologique : DSM-5 et CIM-11

Deux classifications internationales font référence. Le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, APA, 2013) regroupe dyslexie, dyscalculie et dysgraphie sous le terme générique de Specific Learning Disorder (trouble spécifique des apprentissages), en précisant le domaine atteint. La CIM-11 (Classification internationale des maladies, OMS, en vigueur depuis le 1er janvier 2022) introduit la catégorie des troubles du neurodéveloppement, offrant un cadre plus cohérent avec les connaissances actuelles en neurosciences cognitives.

Fréquence estimée en population scolaire (données Inserm, HAS)
Dyslexie
Dyspraxie
TDAH
Dysphasie
Dyscalculie

Caractéristiques transversales

Persistance — les TSLA ne disparaissent pas avec la maturation. Ils évoluent, les compensations se développent, mais le trouble sous-jacent reste présent à l'âge adulte.

Origine neurocognitive — les travaux en imagerie cérébrale (IRMf) documentent des différences d'activation et de connectivité fonctionnelle, notamment dans les aires périsylviennes (Démonet & Taylor, 2004 ; Shaywitz & Shaywitz, 2008). Il ne s'agit pas d'un manque de volonté ni d'un déficit d'effort.

Comorbidité élevée — on estime qu'entre 40 et 60 % des élèves porteurs d'un TSLA présentent au moins un autre trouble associé (HAS, 2017). La co-occurrence dyslexie-TDAH est la plus documentée.

Point de vigilance — Compétence diagnostique
À l'attention des équipes éducatives et des directeurs d'école

Le diagnostic d'un TSLA ne relève en aucun cas de la compétence des professionnels de l'éducation nationale. Il appartient exclusivement à des spécialistes du champ médical et paramédical habilités, dans le cadre d'un bilan pluridisciplinaire coordonné.

Médecin
Neuropédiatre, pédopsychiatre, médecin scolaire (orientation uniquement, pas de diagnostic)
Orthophoniste
Bilan du langage oral et écrit, lecture, calcul — acte remboursé sur prescription médicale
Psychologue
Bilan cognitif (WISC-V, etc.) — évalue le profil intellectuel et les fonctions exécutives
Psychomotricien
Bilan psychomoteur — indiqué notamment pour la dyspraxie et le TDAH moteur
Observer, documenter et signaler les difficultés persistantes via les outils institutionnels (grilles de repérage, équipe éducative, RASED). Mettre en place des adaptations pédagogiques différenciées dès l'identification d'une difficulté, sans attendre la confirmation diagnostique. Orienter la famille vers le médecin traitant ou le médecin scolaire.

Implications pour l'école inclusive

L'article L. 111-1 du Code de l'éducation pose le principe d'une école qui « garantit à chacun les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun ». Pour les élèves porteurs de TSLA, cela se traduit par des aménagements pédagogiques différenciés — et non des simplifications des attendus — articulés autour de trois dispositifs principaux : le Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP), le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) et le Programme Personnalisé de Réussite Éducative (PPRE).

L'enjeu pour la circonscription est double : former les équipes à l'identification précoce des signaux d'alerte, et outiller les directeurs pour la mise en œuvre des dispositifs réglementaires dans le respect du cadre légal et en lien avec les partenaires de santé.

Sources et références American Psychiatric Association. (2013). DSM-5 : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Masson.
Organisation mondiale de la santé. (2022). CIM-11 : Classification internationale des maladies. icd.who.int
Haute Autorité de Santé. (2017). Trouble du spectre de l'autisme et autres troubles neurodéveloppementaux. has-sante.fr
Inserm. (2019). Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : Bilan des données scientifiques. Expertise collective.
Shaywitz, S. E., & Shaywitz, B. A. (2008). Paying attention to reading. Development and Psychopathology, 20(4).
Circulaire n° 2015-016 du 22 janvier 2015 relative aux troubles des apprentissages. Bulletin officiel de l'Éducation nationale.
Décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014. JORF.
Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances. JORF n° 36.